dimanche 12 juillet 2015

Chronique livresque #8 : "Pardonnable, impardonnable" de Valérie Tong Cuong




Pardonnable, impardonnable
Valérie Tong Cuong



Résumé :


Un après-midi d’été, alors qu’il se promène à vélo sur une route de campagne, Milo, douze ans, chute et se blesse grièvement.
Ses parents Céleste et Lino et sa grand-mère Jeanne se précipitent à son chevet. Très vite, chacun va chercher les raisons de l’accident. Ou plutôt le coupable. Qui était avec lui ce jour-là ? Pourquoi Milo n’était-il pas à sa table, en train de faire ses devoirs, comme prévu ?
Tandis que l’angoisse monte autour de l’état de Milo resurgissent peu à peu les rapports de force, les mensonges et les petits arrangements qui sous-tendent cette famille. L’amour que chacun porte à l’enfant ne suffira pas à endiguer la déflagration. Mais lorsque la haine aura tout emporté sur son passage, quel autre choix auront-ils pour survivre que de s’engager sur le chemin du pardon ?
Un roman choral qui explore la difficulté à trouver sa place au sein du clan, les chagrins et la culpabilité, mais aussi et surtout la force de l’amour sous toutes ses formes.


Mon avis :


Petit focus sur l’auteure avant de démarrer (bio prise sur le site JC Lattès) : « Valérie Tong Cuong a travaillé huit ans en entreprise avant de se consacrer à l’écriture et à la musique. Elle a publié plusieurs romans, dont les très remarqués Providence et L’Atelier des miracles ainsi que des nouvelles. Elle écrit également pour le cinéma et la télévision. Pardonnable, Impardonnable est son dixième roman. »

Voilà déjà plusieurs années que j’entends parler de l’auteure sans m’y être jamais vraiment attarder. J’avais acheté deux de ses romans précédents en me fiant à la quatrième de couverture, mais je n’avais encore jamais sauter le pas. Et puis, depuis la sortie de « Pardonnable, impardonnable », j’entendais de plus en plus parler de ce livre et à chaque fois que je passais devant en librairie, je l’entendais me murmurer : « Prends-moi, tu ne seras pas déçue ! ».
Malheureusement, je n’achète pratiquement jamais en grand format. Et puis, ô miracle, le roman est apparu dans les nouveautés de ma médiathèque. Je m’y suis donc rendue le plus vite possible et il était dans les rayonnages. J’ai encore laissé une semaine avant de me plonger dedans (oui, j’aime parfois être sadique avec moi-même, mais passons … ^^)
J’avoue aussi que depuis mon coup de foudre pour la plume de Gaëlle Nohant, j’ai décidé de découvrir un peu plus les auteurs français et les auteures tout particulièrement. Ce roman est donc arrivé à point nommé dans ma médiathèque.

J’ai donc ouvert ce livre avec tout de même un peu d’apriori (oui, je ne suis toujours pas remise de « La part des flammes », je n’y peux rien). J’appréhende en effet beaucoup d’être déçue par des romans plus adultes que ce que je lis habituellement, j’y vais donc à tâtons.

Enfin bref, trêve de bavardages, j’ai commencé ma lecture, j’ai aimé découvrir les différents personnages au fil des chapitres amenant les différents points de vue. En effet, la particularité de ce roman est d’être découpé en plusieurs phases et pour chaque phase, nous avons les points de vue des 4 personnages principaux : le père et la mère de Milo, sa tante et sa grand-mère.

Au début du roman, je suis restée perplexe, je l’avoue, car c’est assez déroutant ce mode d’écriture quand on y est pas habitué. Pourtant très vite, on se laisse happer par l’histoire et les histoires entre les personnages. J’avais l’impression d’être le sixième membre de la famille. J’ai eu des accès de violence, de larmes et de rire. Parfois, je refermais le livre en pestant contre ce père trop rigide et trop secret. Je m’énervais contre cette mère qui se laissait trop souvent manipuler. Au point que parfois, je restais quelques jours sans ouvrir le roman. J’avoue aussi que plus je laissais le livre de côté et plus longtemps je pouvais rester auprès de ses personnages. Et puis, petit à petit, les secrets se sont révélés ; les caractères aussi. Et plus j’avançais dans ma lecture et moins je voulais lire le mot fin. Que dire de plus, si ce n’est que, comme pour « La part des flammes », et malgré un registre totalement différent, ce roman a été un véritable coup de cœur pour moi. Je n’ose trop en dire de peur de spoiler et de gâcher votre lecture. Mais si vous avez l’occasion, lisez-le. La plume de l’auteure est juste et pleine de vie. L’histoire, même si elle peut paraître vue et revue au départ, est, au final, une très belle histoire qui mérite d’être découverte tout comme son auteure si ce n’est pas déjà le cas pour vous.

Petit plus, j'ai beaucoup aimé lire la signification du titre dans le roman, c'est tellement rare qu'on sache le pourquoi d'un titre que là, j'ai eu le sourire aux lèvres en lisant ce qu'était ce Pardonnable, impardonnable :)

Note : 09,5/10